Roger-Yves Bost, cavalier d'or

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Ensemble, on va plus vite. À contre-courant des adages traditionnels, Roger-Yves Bost est un grand champion d’équitation. Son secret ? Son sens du partage mais aussi une osmose parfaite avec sa monture. Un amour en or. Olympique s’il vous plaît !

Portraits
Hubsiders #06 - Roger-Yves Bost, cavalier d'or

Il s’est fait un nom dans le milieu, un surnom même. Et pour cause : Bosty est une légende. Champion d’Europe et Champion Olympique en équipe, Roger-Yves Bost n’a plus rien à prouver. Pourtant, il continue de le faire. Passionné par les chevaux depuis son enfance, celui qui collectionne les victoires sait qu’il leur doit beaucoup. À 55 ans, il ne recule devant aucun nouvel obstacle. Hubside Stories est parti découvrir ce qui le pousse encore aujourd’hui à vivre sa passion à bride abattue.

Est-ce que vous pouvez vous présenter à nous en une phrase ?

Je m'appelle Roger-Yves Bost, je suis cavalier de saut d'obstacles dans l'équipe de France, j’ai 55 ans, et je suis Champion Olympique.

Portrait Roger-Yves Bost dit "Bosty"

Quand avez-vous découvert l’équitation ?

Ma passion pour l'équitation a démarré avec mes parents, j'ai toujours connu les chevaux. J'ai vécu toute ma jeunesse dans une écurie avec eux, ils m’ont emmené dans les concours, voir un peu comment ça se passait. Du coup, j'ai beaucoup appris.

Et quand avez-vous pris goût à la compétition, et à ce métier ?

Juste après mes années « junior », qui ont été fructueuses, j'ai su que j'allais faire ce métier-là. Au début, j’étais quand même à l’école, je voulais être vétérinaire. Mais à un moment, je n’avais plus le temps, à partir de 15 ans, j'étais tout le temps en concours. Du coup, j'ai choisi cette voie et je crois que j'ai bien fait !

Tu es sur le podium, tu es content, tout le monde te dit bravo. Mais il faut faire attention et continuer. L'avantage avec les chevaux, c'est que tu dois toujours te remettre en question

Votre premier souvenir fort de compétition ?

Je crois que c'est mon premier titre de champion d'Europe en jeune cavalier (NDLR : en 1982) . C'était en Hollande et je n’aurais jamais pensé pouvoir remporter cette victoire. Les premiers titres sont importants. Après il y a tellement de bons et de mauvais moments, on a tendance à oublier les mauvais, c’est ça qui est bien.

Quel a été votre ressenti sur cette première victoire. C'était un accomplissement ?

J’avais déjà gagné beaucoup de choses avant, mais gagner un championnat d'Europe, tu te dis « tu peux quand même le faire », et puis après, tu te dis « j'espère qu'il y en aura d'autres ». Être champion du Monde par équipe, c'était une belle victoire aussi. On ressent une petite fierté, on a le sentiment d’avoir fait quelque chose de bien.

Tu es sur le podium, tu es content, tout le monde te dit bravo. Mais il faut faire attention et continuer. L'avantage avec les chevaux, c'est que tu dois toujours te remettre en question et ça, c'est vraiment important.

Quelle est votre relation avec les chevaux ?

J’essaie de vraiment faire couple avec eux, et les meilleurs résultats que j'ai eus, c'était avec deux juments où j'ai vraiment fait le couple parfait pendant un ou deux week-ends.

Roger-Yves Bost - Haras des Brulys - Hubside

Cette relation, c’est quelque chose qui se construit comment ?

Sur le long terme, sur quelques années. C’est vrai qu’au début, il y a quelques performances, mais quand tu connais ton cheval depuis 2/ 3 ans, il est plus réceptif, il te connait, tu fais vraiment osmose dans le parcours.

Parfois, ils ne sont pas de bonne humeur. Il faut que ça soit le bon jour pour gagner. Mais ça se forge en étant gentil avec eux, en s’occupant d’eux dans les écuries. En regardant les jambes, en sellant le cheval soi-même. Après, ils te connaissent, ils te donnent plus.

Je parle à mes chevaux parce que j'ai besoin de ça. C'est ma façon de me concentrer.

C'est important de faire les choses soi-même ?

Moi, j'aime bien, j'ai appris comme ça. Je trouve que ça me donne un petit plus. J’ai l'impression que les chevaux me donnent plus en tout cas, parce qu’ils ont confiance en moi.

Est-ce que vous parlez à vos chevaux ?

Je parle à mes chevaux parce que j'ai besoin de ça. C'est ma façon de me concentrer. Pour eux, c’est le son qui est important. Ils entendent l'intonation, je suis toujours cool même quand j'ai une épreuve importante. Ma jument avec laquelle j’ai remporté le titre de Champion d'Europe en 2013, en rentrant en piste, je lui ai parlé, je lui ai dit « il va falloir que tu sois forte ». Je les rassure.

Promenade d'entraînement - Bosty

On vous sent complètement amoureux de votre discipline… Est-ce que vous pouvez passer une semaine sans monter ?

Ça m'arrive de prendre des vacances une fois par an, trois ou quatre jours. Ça ne fait pas de mal, mais j'appelle quand même les personnes qui restent ici pour voir si ça se passe bien. Mais pas plus d’une semaine, après je suis inquiet pour mes chevaux. J'ai besoin de savoir s’ils vont bien. J'ai besoin de ce contact et eux aussi, ils m’aiment bien ! Quand j'arrive, je leur donne des bonbons alors ils sont contents.

Et au retour quand vous les retrouvez ?

J’ai besoin de les remettre un petit peu à ma main. Ils sont en forme en général. Même si je ne les ai pas montés pendant quatre jours, ils sont chez des personnes de confiance qui les montent, mon fils par exemple. C'est important d'avoir la bonne personne, si je ne les retrouve pas bien, je ne peux pas aller en concours. Du coup, il faut une équipe qui soit vraiment compétente à la maison.

Un cheval qui arrive ici, que vous avez sélectionné ou qu’on vous confie… Quelle est son histoire ?

Alors un cheval qui arrive pour la première fois s’il a l'expérience, je me mets avec gentiment, j'essaie de rester dans les codes qu'il a connu au début, pour ne pas trop changer ses habitudes. Après, progressivement, au bout de 3 ou 4 mois, ça se met en place.

Sinon, des jeunes chevaux, je les forme à notre main directement. Ils s'habituent à pas mal de choses, ils sont tellement gentils ! Ce qu’il faut, c'est leur apprendre plein de choses différentes, comme ça ils sont en situation, ils ne sont pas surpris en épreuves. C’est comme les pianistes. Il faut faire des gammes différentes pour sortir le truc qui est bon le jour-J.

Le secret pour être toujours au niveau, c'est de regarder les autres, les meilleurs. Se remettre en question et ne pas se dire qu'on sait tout, ne pas se dire qu'on a gagné

  • Roger-Yves Bost - Préparation des chevaux
  • Domaine du Haras des Brulys

Et comment vous préparez-vous?

Moi, je me prépare en montant à cheval toute la journée, en faisant du sport à côté. J'essaie de courir, de faire un peu de muscu, du gainage, des assouplissements aussi pour garder la forme à mon âge, le sport à côté me vide la tête. Techniquement, je ressaute des parcours, des enchaînements techniques de temps en temps, si j'ai un problème sur un parcours, mais je fais attention pour économiser les chevaux.

Est-ce qu’il y a un secret pour être toujours au niveau ?

Le secret pour être toujours au niveau, c'est de regarder les autres, les meilleurs. Se remettre en question et ne pas se dire qu'on sait tout, ne pas se dire qu'on a gagné, il faut aller de l’avant, ne pas regarder ce qu’on a fait avant. C'est ça le secret, avoir les yeux ouverts. Je regarderai le livre quand je serai vieux !

Bosty et ses trophées

Avec votre expérience, le plaisir est toujours le même dans la victoire ?

Le plaisir est toujours là ! C'est toujours des nouveaux chevaux, des nouveaux objectifs, de nouvelles épreuves… Parfois, je suis plus content de gagner maintenant, parce que je me dis que c'est plus difficile, il y a beaucoup de jeunes qui arrivent. Je dois être encore meilleur ! Quand j'ai la chance de gagner une épreuve, je suis vraiment fier et je me bats jusqu'au bout.

On sent que la famille Bost c’est une équipe, quel est le rôle de chacun ?

C’est vraiment une histoire de famille, la Bosty Team ! Ma femme s'occupe de toute la logistique, elle m’aide aussi avec les chevaux. Mon fils Nicolas monte aussi, il s’occupe des chevaux quand je ne suis pas en concours. C’est vraiment un point important, j’ai confiance en lui, il va prendre la relève. Ma fille Clémentine et son mari Thibaut font le repérage des chevaux, avec mon fils quand il a le temps. Ils préparent l’avenir, ils ont le regard jeune des nouvelles générations. Chacun sa place, on fait les programmes ensemble, avant chaque concours. On s’entend bien et si j’étais seul, je ne pourrais pas le faire.

Est-ce que vous avez eu l’impression de faire des sacrifices pour votre passion ?

Je n'ai pas fait de sacrifices. Je suis vraiment tombé dans la marmite quand j'étais petit. Parfois, il y a des hauts et des bas, mais ça fait partie de notre vie. J'ai la chance d'avoir ma femme, qui est aussi passionnée que moi, et mes enfants. Du coup, c'est plus facile aussi. Les chevaux sont tellement généreux qu’ils méritent ça.

Est-ce que vous avez eu des inspirations en matière d’équitation ?

Tous les autres cavaliers m’inspirent. On est tout le temps sur les gros concours, tous en même temps, du coup, on se parle pas mal technique. Si on a besoin d'un petit truc technique, on cherche en parlant avec les autres. Parfois, ils me demandent même des conseils. Quand c'est l'autre qui gagne, on se dit que c’était le meilleur, et il n’y a pas de jalousie.

Roger-Yves Bost sur son site Hubside

Qu'est-ce qu’on peut retrouver sur votre site Hubside ?

Sur mon site Hubside, vous pouvez retrouver les actualités de mon écurie. Tout ce qui se passe dans les concours. Si on a une histoire, on la met en ligne tout de suite. Les photos de mes chevaux du Grand Prix… Vraiment tout est sur le site. On essaie de bien le remplir pour que les gens soient contents de venir dessus.

Moi, je dis toujours aux jeunes tant que la dernière épreuve n'est pas passée, tu peux avoir une chance de gagner.

Quel conseil pourriez-vous donner à quelqu'un qui voudrait faire comme vous ?

Ce que je dirais à quelqu’un qui voudrait faire ce métier-là, c’est qu’il prenne son temps, qu’il soit vraiment sûr d’être passionné. De supporter de ne pas avoir de week-end libre, d'aimer ses chevaux et ne pas vouloir que le résultat, ne pas avoir peur de travailler. Parfois, il faut le savoir, ça marche moins bien, il y a les blessures, les doutes, les hauts et les bas… Il faut savoir se remettre en question et repartir.

Comment on gère cette période de doute ?

Moi, je dis toujours aux jeunes tant que la dernière épreuve n'est pas passée, tu peux avoir une chance de gagner. Il faut retravailler les bases, refaire son truc, bien rester dans son système et se remettre un peu en question. Et hop, ça repasse.

Avec l'expérience, tu t'aperçois que tu peux toujours gagner quelque chose, même si pendant 3 week-end, tu n’as rien gagné. Si tu continues à travailler, tu es dans la bonne voie. Il faut y croire tout le temps !

Qu'est- ce qu'on peut vous souhaiter ?

Une médaille individuelle Olympique je ne l’ai pas. J’aimerais bien aller à 2024 et faire une perf' à Paris. Toujours essayer d'avoir des bons chevaux, rester dans le haut niveau, surtout me faire plaisir !

Portrait Bosty

Retrouvez toute l’actualité de Roger-Yves Bost sur son site Hubside : roger-yves-bost.hubside.fr

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